Tous les repreneurs qui s’intéressent à votre entreprise n’iront pas au bout de la démarche. Avant de transmettre des informations sensibles ou de multiplier les rendez-vous, quelques vérifications permettent d’identifier les candidats dont le projet mérite réellement d’être approfondi.
L’essentiel
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Le premier tri peut commencer avant même de parler précisément de financement. Cherchez d’abord à comprendre pourquoi le candidat souhaite reprendre votre entreprise.
Son parcours professionnel est-il cohérent avec l’activité ? Dispose-t-il des compétences nécessaires pour la diriger ? Connaît-il votre secteur ? Son projet de reprise est-il suffisamment construit ?
Un candidat n’a pas nécessairement besoin d’avoir déjà exercé exactement le même métier. Un cadre ayant dirigé une équipe importante peut, par exemple, disposer de compétences pertinentes pour reprendre une PME. Il doit en revanche être capable d’expliquer clairement la logique de son projet et la manière dont il compte prendre en main l’entreprise.
Quelques questions simples permettent déjà d’avancer : pourquoi souhaite-t-il devenir dirigeant ? Pourquoi s’intéresse-t-il à votre entreprise ? Quel rôle envisage-t-il d’y exercer ? À quelle échéance souhaite-t-il réaliser la reprise ?
Des réponses précises constituent un premier indicateur du niveau de préparation du candidat.
Un projet convaincant ne suffit pas si le repreneur ne dispose pas des moyens nécessaires pour le financer.
Il ne s’agit pas, à ce stade, de réaliser vous-même l’analyse que mènera sa banque. En revanche, vous devez pouvoir vérifier que le projet financier est cohérent avec le prix envisagé pour votre entreprise.
Intéressez-vous notamment :
Un candidat peut très bien ne pas disposer encore d’un accord bancaire lors du premier rendez-vous. En revanche, s’il ne sait pas expliquer comment il envisage de financer l’acquisition, mieux vaut clarifier ce point avant de poursuivre les échanges.
Toutes les pièces ne doivent pas être demandées dès le premier contact. Le niveau de vérification peut augmenter avec l’avancement des discussions.
Pour un premier échange, un CV et une présentation du projet de reprise permettent déjà d’évaluer le profil du candidat.
Si son projet semble correspondre à votre entreprise, vous pouvez ensuite demander des éléments plus précis sur son apport et son montage financier. Son business plan permettra également de vérifier comment il envisage l’activité après la reprise et sur quelles hypothèses reposent ses prévisions.
À un stade plus avancé, la lettre d’intention permet de formaliser l’intérêt du candidat et les grandes lignes de l’opération avant d'engager les audits et les négociations détaillées.
Cette progression évite deux écueils : demander un dossier disproportionné à chaque candidat dès le départ ou, à l’inverse, transmettre beaucoup d’informations sur votre entreprise sans avoir suffisamment qualifié votre interlocuteur.
Un dossier incomplet n’est pas nécessairement un mauvais dossier. Un repreneur en début de parcours peut encore avoir plusieurs éléments à construire.
Certaines incohérences méritent néanmoins d’être clarifiées avant d’aller plus loin :
Ces signaux ne signifient pas systématiquement qu’il faut écarter le candidat. Ils indiquent surtout les points à éclaircir avant de lui consacrer davantage de temps.
Lorsque plusieurs candidats se manifestent, utiliser les mêmes critères permet d’éviter de comparer les dossiers uniquement sur une impression générale.
Le candidat idéal n’est pas nécessairement celui qui obtient immédiatement le meilleur résultat sur chaque critère. L’enjeu est d’identifier les projets suffisamment cohérents et solides pour justifier la poursuite des discussions.
Pour ne pas surinvestir trop tôt dans un dossier, vous pouvez organiser votre sélection en trois étapes.
Cette méthode ne permet pas de savoir avec certitude dès le premier rendez-vous quel candidat achètera votre entreprise. Elle permet en revanche de concentrer progressivement votre temps et vos informations sur les repreneurs les plus crédibles.