Le prix affiché d'une cession ne correspond jamais au budget réel d’une reprise. Trésorerie, frais, stock ou investissements : avant de chercher une entreprise à reprendre, il faut comprendre ce que votre budget doit absorber.
L’essentiel
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C’est l’une des erreurs les plus fréquentes chez les repreneurs débutants : raisonner uniquement à partir du prix affiché dans l’annonce.
Or, reprendre une entreprise ou un fonds de commerce implique bien plus que l’achat lui-même. Le budget global doit aussi intégrer tout ce qui permettra à l’activité de continuer à fonctionner dans de bonnes conditions après la reprise.
Dans la plupart des cas, il faut prévoir :
Autrement dit, une affaire affichée à 250 000 € nécessitera un budget réel nettement supérieur.
Toutes les entreprises ne demandent pas le même niveau d’investissement.
Un commerce de proximité, une PME industrielle, un restaurant ou une agence de services n’impliquent ni les mêmes coûts, ni les mêmes besoins de financement.
Par exemple, certaines activités nécessitent :
À l’inverse, certaines entreprises de services demandent un investissement initial plus limité, mais reposent davantage sur la fidélité de la clientèle ou les compétences des équipes en place.
Le budget doit donc toujours être analysé en fonction du modèle économique de l’entreprise reprise, et pas uniquement de son prix de vente.
Une reprise ne devient pas rentable immédiatement. Il faut parfois plusieurs mois pour stabiliser l’activité, reprendre les équipes en main ou retrouver un rythme commercial satisfaisant.
C’est précisément pour cette raison que la trésorerie est un point central dans un projet de reprise.
Elle permet notamment de :
Dans certains secteurs comme la restauration, le commerce ou les activités saisonnières, ce besoin de trésorerie peut être particulièrement important.
Un projet de reprise réaliste n’est donc pas seulement une affaire que vous pouvez acheter. C’est une affaire que vous pouvez faire tourner sans vous mettre sous pression dès les premières semaines.
Dans la majorité des projets, les banques demandent un apport personnel.
Il représente souvent entre 20 et 30 % du montant global de l’opération. Cet apport sert à rassurer les partenaires financiers et à démontrer votre capacité à porter le projet.
Mais là encore, il ne faut pas raisonner uniquement en capacité d’emprunt.
Mobiliser l’intégralité de votre épargne dans l’acquisition peut fragiliser la suite du projet. Il est généralement préférable de conserver une marge de sécurité pour faire face aux imprévus ou aux premiers ajustements après la reprise.
Une pharmacie à reprendre affichée à 800 000 € peut sembler cohérente au regard du chiffre d’affaires généré.
Mais au-delà du prix de cession, il faut souvent ajouter :
Le budget global peut alors dépasser largement le prix affiché dans l’annonce.
C’est exactement pour cette raison qu’un projet de reprise doit toujours être construit dans sa globalité, et pas uniquement autour du prix de vente.
Un bon budget est un budget qui laisse de la marge
Le bon budget n’est pas celui qui permet d’acheter l’entreprise la plus chère possible.
C’est celui qui permet de reprendre une activité dans des conditions suffisamment solides pour absorber les premières difficultés, investir si nécessaire et laisser le temps au projet de se stabiliser.
Avant même de chercher une affaire à reprendre, la vraie question n’est donc pas : combien puis-je emprunter ? Mais plutôt : quel projet puis-je réellement sécuriser dans la durée ?