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  • Se lancer sur le marché du meuble en 2026

    La principale interrogation rencontrée aujourd’hui face à des porteurs de projets, séduits par nos enseignes, provient de la représentation qui est faite du marché meuble et de son adaptation à la conjoncture.
    Se lancer sur le marché du meuble en 2026
    Le 05/06/2026 Marc Le Cavorzin HÉMISPHÈRE SUD

    Pourtant, d’une part le tableau dépeint est souvent excessivement pessimiste et d’autre part le marché du meuble, n’est pas, comme tous les autres, un bloc monolithique homogène. Décryptage.

     

    Le secteur de l'ameublement en France traverse régulièrement des périodes d'incertitude, crises immobilières, inflation, instabilité géopolitique, sans jamais subir de fluctuations majeures. Les données de l'IPEA (Institut de la Maison), référence incontournable du secteur depuis 1979, permettent de prendre du recul et de valider une constante : le marché du meuble absorbe les chocs mieux que ne le laissent supposer les gros titres conjoncturels.


    Un marché cyclique, mais structurellement solide

    A la différence de marchés « comètes » et autres phénomènes de mode qui émergent régulièrement avec vigueur avant de subir de sérieux correctifs, le marché du meuble sur le moyen et long terme confirme son caractère résilient, cyclique, avec des oscillations modérées d'une durée moyenne d'environ cinq ans.


    Prenons les chiffres récents :

    Année Chiffre d'affaires Évolution

    2019 13,4 Md€ —

    2022 14,9 Md€ +11 % vs 2019

    2023 14,6 Md€ −2,5 %

    2024 13,8 Md€ −5,1 %

    2025 13,6 Md€ −1,8 %

     

    Le repli du marché du meuble s'atténue en 2025, avec des ventes affichant une baisse de 1,8 % pour un total à 13,6 milliards d'euros TTC. Malgré ce nouveau recul, le niveau d'activité demeure légèrement supérieur à celui observé en 2019, avant la crise sanitaire liée au Covid. L'« atterrissage » actuel n'est donc pas un effondrement, mais un retour à une trajectoire normale.

    Un autre signe encourageant mérite d'être relevé : le second semestre 2025 a montré cinq mois consécutifs de légère croissance, suggérant une période de transition vers une reprise.


    Un marché en corrélation avec l’immobilier ?

    Le lien entre immobilier et ameublement est bien documenté : environ un tiers des achats de meubles est déclenché par un déménagement. Or, les transactions immobilières, neuves et anciennes, ont connu des reculs importants ces dernières années.

    Pourtant le marché du meuble et de la décoration démontre donc une certaine résilience.

    Cette déconnexion partielle s'explique par un changement de comportement durable : les Français qui ne déménagent pas investissent dans l'amélioration de leur logement existant. La maison est devenue une « valeur refuge », un espace de confort et de sécurité dans un monde anxiogène. Comme le résume Christophe Gazel, directeur général de l'IPEA : « La maison reste au cœur des préoccupations des consommateurs. Et aujourd'hui, on agence sa maison plutôt qu'on ne la meuble. »


    Mais de quel « marché du meuble » parlons-nous ?

    Un phénomène structurel continue de contribuer à la résilience du chiffre d'affaires : la montée en gamme et l'augmentation du panier moyen. Une catégorie de consommateurs achète moins souvent, mais mieux. Ils privilégient la modularité, la fonctionnalité, le sur mesure et l'optimisation des espaces, et reviennent à une vision patrimoniale de leur consommation.


    Cela explique donc que le segment milieu / haut de gamme tire son épingle de ce jeu troublé. Les enseignes Hémisphère Sud ou L’Ameublier Home Design qui privilégient qualité et sur-mesure en sont un parfait exemple.

     

     

     

    En France on n’a pas de pétrole mais on a de l’épargne !

     

    La campagne des Soldes de janvier 2026 fût particulièrement porteuse avec notamment une progression du réseau Hémisphère Sud à deux chiffres. Et pour tout vous dire ce fût une surprise. La principale explication réside dans les modalités de paiement observées. Le recours au crédit est resté très faible, nos clients ont utilisé leur épargne. Et comme chacun sait, le volume d’épargne en France reste conséquent. Le potentiel de vente est donc bien présent.

     

    Et la concurrence du Web ?

     

    Le digital représente désormais 8,7 % des ventes de meubles, soit 1,2 milliards d'euros TTC, dont les deux tiers réalisés via les retailers et les marketplaces (-3.4% en 2025). Ces ventes concernent essentiellement les produits d’entrée de gamme pour une raison évidente : le consommateur qui est près à investir une somme significative sur un salon par exemple, va vouloir l’essayer, toucher les matériaux et personnaliser son achat, en dimension et en couleur. Mieux il exige un service irréprochable, conseil, livraison, montage, réglage, que le pure player ne peut et ne veut pas fournir. Le digital n’est cependant pas exclu de nos transactions, mais il constitue une porte d’entrée, une première approche web to store. D’où l’importance de sites « vitrines » attractifs pour nos enseignes.


    Conclusion : un secteur résilient à condition d’être sur le bon segment

    Cette résilience tient à la nature même du besoin : se meubler, agencer, embellir son intérieur relève d'une aspiration profonde et durable des ménages. Pour une partie d’entre eux cette aspiration est peu susceptible de disparaître sous l'effet d'une conjoncture défavorable, au contraire, les perturbations extérieures motivent un repli sur l’habitat pour des consommateurs qui haussent le niveau d’exigence.

    Une condition est néanmoins requise, pour apporter la réponse idoine à cette attente des consommateurs et par conséquent assurer la réussite de son projet entrepreneurial. Il est indispensable d’être accompagné par des professionnels expérimentés, des experts métiers qui analysent ces évolutions de marché et apportent des solutions pour attirer les consommateurs et répondre à leurs attentes. Ces professionnels, vous pourrez les « recruter » en adhérant au Groupement pour l'Aménagement de la Maison !