Portrait d'un acteur clé dans la validation finale de votre projet

Dans la boulangerie-pâtisserie, plus encore que dans d'autres secteurs du commerce organisé, la réussite d'un réseau repose sur un équilibre délicat : un concept fort, des emplacements stratégiques, des outils performants… Et des femmes et des hommes capables de s’engager avec passion au quotidien dans leur projet, car derrière chaque point de vente, il y a un exploitant, un chef d'entreprise, un manager attentif, confronté à des contraintes opérationnelles lourdes, à l’emploi de ressources variées et à des attentes clients toujours plus élevées.
Dans un contexte hyperconcurrentiel, où les concepts se multiplient et où les investissements ne cessent d'augmenter, le recrutement des franchisés ne peut être laissé au hasard. Il devient une arme stratégique à part entière, pouvant garantir durablement la performance du réseau comme la trajectoire personnelle du franchisé. Une conviction qui, chez Feuillette, s’incarne dans un process de sélection rigoureux, progressif et profondément humain : préqualification, qualification, journée d'immersion... chaque étape est là pour confronter le candidat à la réalité de son futur métier.
Mais au terme de ce parcours, il est un moment qui concentre tous les enjeux : la réunion de validation finale. C’est là où la candidature est examinée au plus haut niveau de décision du groupe, et c’est ici qu'intervient David Gravé , directeur général du groupe Feuillette. Une intervention discrète mais chirurgicale, où l'écoute, la lucidité et l'exigence prennent tout leur sens.
1. Enjeux et objectifs : accompagner la croissance sans perdre l'âme du modèle
Arrivé chez Feuillette en juillet 2018, David Gravé en devient le directeur général six années plus tard. Une évolution logique au regard de son parcours au sein du groupe et de sa connaissance complète des différents métiers. Soit un périmètre plutôt large : l'ensemble des activités, enseignes et concepts – Boulangerie Feuillette, Café Feuillette, Chez Lucette, Frédélian mais aussi le laboratoire centralisé de Blois, dédié à la production de chocolats, viennoiseries, pâtisseries et autres produits maison.
Parmi les enjeux et objectifs de son poste, il y a naturellement le pilotage de la croissance du groupe, tant en nombre de points de vente qu'en diversification des concepts. « Notre développement ne peut s’envisager sans une exigence forte dans la qualité d'exécution ni la solidité des projets entrepreneuriaux qui nous rejoignent », précise-t-il.
David œuvre également comme le bras droit de Jean-François Feuillette, notre fondateur. « Étant donné ma proximité, je m’efforce de traduire ses attentes dans l’évolution du portefeuille de marques et de concepts, dans leur adaptation aux marchés et la durabilité de de l'ADN Feuillette ».
Enfin, il est garant de l’adéquation des moyens du groupe à ses ambitions. Cela passe par la structuration et la professionnalisation de notre tête de réseau et des moyens centraux. Mais également par la validation des bons profils de futurs franchisés - sans lesquels aucun concept ou modèle ne saurait tenir, sur un marché aussi disputé.
2. Rôle et attributions dans la validation finale : un échange décisif, sans faux-semblants
David Gravé intervient dans le process de recrutement une fois que le candidat a été préqualifié, qualifié puis est passé par la journée d'immersion. Ce dernier est alors convié à une présentation finale devant Jean-François Feuillette, Laurent Delafontaine (Dir. du développement Groupe) et lui-même. « Ces rendez-vous sont organisés à concurrence de trois par journée, pas davantage. Au-delà, l'écoute se dégrade et l'attention n'est plus optimale, quand on sait qu’à ce stade chaque détail compte », souligne-t-il.
Chaque entretien dure environ une heure. Le candidat commence par se présenter, puis il pitche son projet et explique, au fond, les raisons de sa démarche. Puis vient un temps d'échange approfondi sur tous les sujets nécessaires : parcours professionnel, vécu de la journée d'immersion, attentes vis-à-vis du réseau, vision de son futur rôle de franchisé, organisation projetée, perception de la réalité opérationnelle...
La séquence est aussi l’occasion de rappeler un message clé : « Feuillette ne recherche pas des investisseurs distants, mais de vrais exploitants, présents au quotidien », souligne le dirigeant. Car dans un métier aussi polyvalent (production, relation client, gestion des équipes, pilotage économique…) « Nous devons compter sur des chefs d'entreprise, capables d'assumer la difficulté d'exploitation dans toutes ses formes. Nous sommes et demeurons un réseau d'artisans ! », poursuit-il.
À l'issue de chaque entretien, les trois décisionnaires délibèrent quasi-immédiatement et le candidat est rappelé dans la soirée pour l’annonce du verdict. À ce stade ultime du parcours de validation, rappelons que Feuillette recueille >1500 contacts par an, les cas de refus du Comité restent minoritaires : à peine 10 % des candidats entendus. « Un chiffre qui souligne l'efficacité du filtrage opéré en amont, mais qui rappelle aussi la nécessité de maintenir l'exigence jusqu'au bout ».
3. Les compétences nécessaires : savoir écouter pour mieux projeter les candidats dans la réalité opérationnelle
Dans cette phase de validation finale, David Gravé ne se définit pas comme un juge. « Ma compétence principale, c'est l'écoute, explique-t-il. J’essaye de comprendre la personne venue à nous, son degré d'authenticité et d’apprécier son niveau de lucidité quant à ce qui l’attend ».
Le candidat doit pouvoir se projeter avec réalisme, car ouvrir une boulangerie de cette envergure peut vite constituer, selon ses mots, « un véritable tsunami ! Car réussir avec Feuillette, ce n’est rien de moins que maîtriser cinq métiers simultanément : la boulangerie, la pâtisserie, le traiteur, la vente et le métier de chef d'entreprise. »
Puis une fois installé, le franchisé fait figure de principal sachant aux yeux de ses équipes. Sa position implique un devoir d'exemplarité constant, une présence à la fois technique, gestionnaire et bien sûr humaine. « Je rappelle que la complexité managériale est réelle, avec en moyenne 40 salariés à piloter, dans un métier à l'intensité opérationnelle quasi-permanente », analyse notre directeur général.
C’est aussi là que la journée d'immersion joue le rôle de révélateur. David s'attache à comprendre ce que le candidat en a réellement retiré : a-t-il identifié les postes clés ? Les points de tension ? Les contraintes du quotidien ? S’est-il montré curieux, impliqué, proactif ? Autant d'indices pour évaluer sa capacité à ne pas idéaliser le projet, mais à bien prendre la mesure de ce qui l'attend.
4. Points de vigilance : jusqu'au bout, ne jamais banaliser la décision
Au stade de ce dernier échange, les candidatures sont déjà très solides et abouties. David Gravé souligne d'ailleurs la confiance totale accordée à Laurent Delafontaine et à son expérience pour présenter des dossiers suffisamment alignés avec les attentes du groupe. Mais c’est aussi parce que la sélection a déjà été pointilleuse, qu’il serait dangereux de relâcher l'attention.
« Nous devons nous garder d'être trop confiants, rappelle-t-il. Car même des candidats avancés ont des angles morts ou peuvent encore sous-estimer certaines difficultés. Je sais d’expérience que rien n’est jamais totalement acquis, même en toute fin de parcours ».
Ensuite, il y a la dynamique relationnelle future entre le franchisé et le franchiseur. En effet, l’investissement personnel (et non seulement financier), va être conséquent de part et d’autre et une relation d’interdépendance, saine et adulte, doit s’instaurer progressivement. « Je sais que pour des profils déjà très autonomes, cela peut être une vraie nouveauté. »
Voilà pourquoi le dirigeant interroge aussi le candidat sur la manière dont il perçoit cette relation, afin de mettre au jour sa capacité à respecter le cadre, à s'inscrire dans un collectif. « Je sais bien qu’une fois installés, certains seront tentés de s'en affranchir. Mais ils doivent comprendre que ce sera au risque de se mettre en difficulté. »
En résumé, cette validation finale doit sécuriser au maximum la décision du groupe, en allant au bout des échanges, mais sans complaisance ni précipitation.
5. Retours d'expérience et enseignements : quand le terrain confirme l'intuition
David Gravé évoque une réalité plutôt réjouissante : la capacité de certains franchisés à dépasser les attentes initiales. « Il m'arrive d'être surpris positivement, confie-t-il, à propos de personnes que nous avons validées avec "quelques observations", et qui se révèlent d'excellents franchisés ensuite ».
Ces réussites s'expliquent par la qualité des profils et des projets, certes, mais aussi par une caractéristique forte du réseau Feuillette : la solidarité entre franchisés. « Dans le réseau, nous encourageons et avons multiplié les occasions d’échanges horizontaux. Nos franchisés pratiquent volontiers l’entraide, de manière sincère et aussi à leur libre initiative », explique-t-il.
C’est pourquoi la capacité à s'intégrer dans un collectif, à être team player et à apprendre des autres, constitue un critère essentiel dans la décision finale. Chez Feuillette, il n’est pas exagéré de dire que la réussite résulte tout autant d’un effort collectif.





